La nouvelle bibliothèque construit le lieu, elle prend pied dans le parc.
L’identité de la Bibliothèque de Genève s’affirme par sa nouvelle entrée aménagée dans le parc. Le volume libre fait référence par sa délicatesse aux kiosques des parcs urbains et crée une symbiose avec le majestueux platane. Ce nouveau pavillon d’accueil, volume transparent et perméable, à la fois appartenant au parc et à la bibliothèque, traduit le lien fort entre l’institution et le Parc des Bastions.
Ce pavillon, en contact direct avec le sol, les cheminements de la Promenade des Bastions, les arbres et le public, crée la nouvelle porte d’entrée. Ainsi, le programme de l’accueil et des services aux publics, adaptés à une bibliothèque contemporaine, est accompagné par un espace de rencontre convivial de plain-pied avec le terrain naturel.
La structure en champignon du bâtiment d’accueil, émergence du volume du dépôt de conservation, relate la présence de cet outil fondamental et essentiel de l’institution. Le bâtiment historique garde son entière relation avec l’espace identitaire de la cour affirmé par l’architecture rationaliste et rigoureuse des bâtiments.
Système d’entrée
Le système d’entrée est assuré par l’ensemble constitué par le nouveau pavillon, l’aile nord du bâtiment existant et le développement de l’étage inférieur. Les vides de lumière de l’espace du gradin, des deux patios situés au pied de la façade et de la double hauteur créée entre l’étage noble et l’étage inférieur du bâtiment existant, ponctuent l’accès public à la bibliothèque. L’étage regroupe les services d’accueil, de services aux publics et de médiation culturelle, avec une grande flexibilité propice à l’organisation d’évènements divers en contact direct avec l’espace du café dans le parc : expositions, conférences, lectures, dédicaces, performances ou autre.
La double hauteur dans le bâtiment permet de donner, dès l’entrée, une vision intérieure forte de la dimension de l’institution. L’escalier principal est prolongé du rez-de-chaussée jusqu’à l’étage inférieur afin d’assurer la circulation verticale continue sur tous les niveaux.
L’accès historique est maintenu comme entrée et sortie secondaire pour les habitués.
Avec son escalier extérieur, il participe au système d’accès à la bibliothèque par sa présence perceptible depuis le pavillon d’entrée.
Bâtiment principal
Le projet de conservation-restauration cherche à attribuer aux espaces existants les programmes adaptés afin de retrouver les qualités spatiales du bâtiment principal.
Le programme des locaux, qui lui est dévolu, tient compte de l’essence du bâtiment historique. Cette attitude permet de déconstruire les mezzanines et recréer les vides des espaces d’origine.
Dans les deux ailes, le vide central entre le 1er et le 2ème étage est recréé de manière à retrouver la fluidité et le contact visuel entre ces étages, propres à la dimension publique de l’institution.
Dans l’aile Candolle, au sud, l’espace correspondant à la salle Lullin au rez-de-chaussée est restitué en espace destiné au libre accès.
Dans l’aile Eynard, au nord, le rez-de-chaussée est relié au niveau inférieur par la création d’un vide à l’image des vides des étages supérieurs. Ce vide offre une connexion visuelle et spatiale entre le niveau de l’entrée historique et le niveau du nouvel accès.
L’aile Senebier, à l’est, est consacrée aux salles de lecture silencieuses. L’accès à la salle du rez-de-chaussée est reconstitué selon les plans d’origine de 1905.
L’approche de la restauration se base avant tout sur le respect des proportions, des volumes, du rythme des pleins et des vides, des modénatures et des lignes structurelles du bâtiment. Les éléments originaux, dont la substance est conservée, sont identifiés pour une restauration fine et une reconstitution partielle dans des parties limitées afin d’assurer la qualité de l’ensemble.
Les éléments nouveaux à reconstruire, notamment les parapets des vides recréés, sont étudiés avec une matérialité et un dessin propre en cohérence avec les parties existantes préservées.
Une recherche sur la matérialité et les teintes originales permet de restituer le caractère du bâtiment dans le contexte contemporain.
En complément de l’éclairage naturel, l’éclairage artificiel approprié pour la lecture et la mise en valeur des espaces de la bibliothèque complète l’atmosphère du bâtiment.




